« Le Sahara pourrait être l’endroit pour ouvrir la porte me menant au prochain niveau »

Kazutomo HORI (D1131-JAP)

Marathon des Sables Kazutomo Hori

Chef d’entreprise, Kazutomo HORI (D1131-JAP) vit « la tête dans le guidon », guidé par ses objectifs professionnels qu’il atteint petit pas après petit pas. L’un de ses amis, qui a terminé 4 MARATHON DES SABLES, lui a dit un jour « Inscris-toi au MDS, et tu vivras quelque chose qui te fera envisager la vie différemment. » Kazutomo fait partie des concurrents au départ en 2017.

 

J’ai fait le triathlon d’Honolulu, et pendant la course à pied, j’étais vraiment anéanti. Alors j’ai décidé de procéder par petits pas, de me fixer un petit objectif, puis une fois atteint, un nouveau. J’ai fait 200 pas en commençant du pied droit, puis 200 pas en commençant du pied gauche ; je courais en comptant mes pas, satisfait d’accomplir une tâche. Puis j’ai recommencé de zéro. Faire ceci m’a permis d’oublier que j’étais très fatigué. Quand les derniers 800 mètres sont arrivés, il y avait une petite colline, et j’ai pensé « Oh my god ! » Soudainement j’ai réalisé à quel point j’étais fatigué, et j’ai bien cru ne jamais y arriver. Jusqu’à ce que je voie une très jolie femme en haut de la colline, portant un bikini sexy et regardant au loin l’océan… J’ai simplement voulu la rejoindre au sommet de la colline… Cette fois ce n’était pas un petit objectif que je m’étais fixé, mais je voulais juste la rejoindre, voir son visage, comme si je voulais apprécier la beauté d’une toile… Après avoir terminé la course, des amis m’ont aussi parlé de cette femme, et nous l’avons tous chaudement remerciée !

 

Au travers de mes 52 années, j’ai toujours procédé ainsi, et je le fais toujours aujourd’hui - dans les affaires, dans ma carrière de pilote automobile ou de pianiste, dans tout ce que j’entreprends. Parfois les gens qui me connaissent bien envient ma manière de mener les choses et d’atteindre mes objectifs. Quatre ans après avoir débuté ma carrière de pilote j’étais devenu un champion national ; en cinq ans j’ai appris à jouer du piano et j’ai joué Beethoven dans un endroit très réputé où la moitié de l’audience pleurait ; j’ai lancé ma société il y a vingt ans et elle détient toujours le record de croissance au Japon.

 

Tout ça a été accompli en se fixant constamment de petits objectifs à atteindre. Mais mon ami Akasaka, qui a terminé 4 MDS, m’a dit qu’il était impossible de traverser le Sahara ainsi. Alors je lui ai répondu « Impossible ! C’est comme ça que j’accomplis les choses. » Mais en même temps je sais que je suis trop concentré sur l’objectif. Ainsi, sur le trajet de l’aéroport de Nice à Monte Carlo, tout ce que je veux c’est arriver aussi vite que possible. M’arrêter à un point de vue, prendre un café ou aller aux toilettes sont inconcevables : tout ce que je veux c’est atteindre le but, et je conduis aussi vite que possible (comme un Français !), dépassant les autres voitures, vérifiant le temps, calculant les raccourcis… Je n’ai jamais rien apprécié des jolies vues, et je ne sais absolument pas à quoi ressemble la corniche sur laquelle j’ai conduit vingt fois… Le truc c’est que j’adore ma vie, que beaucoup de mes amis m’envient, mais je me demande si la vie ne serait pas plus belle si je ne me précipitais pas vers mes objectifs comme un taureau, mais si j’essayais d’apprécier les processus, d’être simplement capable d’apprécier les choses plutôt que d’être concentré uniquement sur l’objectif.

 

Je me suis récemment débarrassé de tout ce que j’avais. J’ai démissionné de la société que j’avais créée après avoir réalisé que les actionnaires se fichaient de la signification de la société, que tout ce qui les intéressait c’était les dividendes. J’ai voulu tout recommencer, cette fois pas pour engranger des profits à tout prix, mais pour être un bon patron, pour rendre le monde un peu meilleur. Je veux faire du Japon le pays qui a les liens les plus étroits entre les athlètes et leurs fans, et en faisant ceci les athlètes se sentiront mieux et seront d’autant meilleurs. Et je veux faire la même chose pour les musiciens… Bien sûr je veux tirer du profit de tout ceci, mais avant tout je veux être fier de ce que je fais. Je sais que c’est difficile de ne pas céder à l’appel du gain, et c’est pourquoi je dois être fort dans mon esprit et dans mon âme. Alors l’histoire d’Akasaka m’a fait penser que le Sahara pourrait être l’endroit parfait pour apprendre et ouvrir la porte me menant au prochain niveau…

 

Une autre anecdote amusante à propos d’Akasaka c’est que sa réponse à une question est toujours « hai » ou « yes ». « Hai », en japonais, signifie « yes »… La vie est simple en pensant comme ça… J’ai été très impressionné par cette façon de penser, et j’ai décidé de l’adapter à mon style de vie…

 

J’espère recevoir une médaille à la fin de la course, la même médaille que tous les autres concurrents, et que ceci me rendra comme tous les autres le plus heureux des hommes !