« Ce que j'ai préféré dans ce MDS, c'est le bivouac »

Rocío CARRIÓN (D215-PER)

Le MDS PERU s'est presque terminé le premier jour pour la coureuse péruvienne Rocío CARRIÓN lorsqu'elle a chuté sur des rochers et s'est ouvert le genou : « J'ai beaucoup souffert, puis le soir, l'équipe médicale m'a fait des points de suture. » Mais lorsqu'ils lui ont demandé si elle voulait abandonner, elle a éclaté de rire : Le premier jour ? Impossible ! » Car elle n'abandonne jamais... même quand les médecins lui annoncent, après deux jours dans le coma suite à une chute lors d'un trail d'entraînement, qu'elle ne pourra plus jamais courir : « Je suis très croyante, et je pense que Dieu ne charge aucune âme au-delà de ce qu'elle peut supporter. Donc après 40 jours de convalescence, je me suis levée et j'ai recommencé à courir. » Et trois semaines plus tard, elle prenait le départ d'un marathon au Mexique ! Un changement radical pour cette jeune athlète qui avait principalement couru des 800 et des 10 000 mètres jusqu'à son accident. Depuis, elle a gravi le podium de plusieurs ultras, et très récemment, elle s'est imposée dans un marathon péruvien, à Cuzco.

 

Ce MDS est la première course à étapes pour Rocío, qui avoue préférer « les courses à une seule étape, où l'on ne souffre qu'une seule fois...» (rires) Malgré son manque d'expérience, elle s'est arrogée la troisième place dès la toute première étape et a réussi à rester sur le podium jusqu'à la fin. Pour quelqu'un dont l'objectif initial était simplement « de finir l'épreuve », c'est un résultat au-delà de toute attente.

 

Lorsqu'elle n'est pas en compétition ou en séance d'entraînement, Rocío travaille comme coach sportive privée. Elle aime partager son expérience, mais aussi s'ouvrir au monde : « Ce que j'ai préféré dans ce MDS, c'est le bivouac – écouter des langues différentes, essayer de communiquer, passer des moments avec des personnes qui partagent votre passion, souffrent comme vous et vous comprennent. C'est cette communion avec autrui qui m'a vraiment enthousiasmée. » La Péruvienne s'est également fait des nouveaux amis au sein de son alvéole de tentes, comme « ce gars du Mexique, ou ce concurrent du Japon, que nous ne comprenions pas très bien mais qui, pendant la journée de repos, a passé trois heures avec nous pour nous apprendre quelques mots de japonais, comme "Bonjour". » Ce MDS PERU aura donc permis de nouer de nouvelles amitiés – dans la longue tradition des MDS MAROC qui créent des relations internationales entre des concurrents depuis 1986.