Marathon des sables

Portraits

Christine LEDUC (FRA)

Le MDS, un rêve qui me semblait inaccessible

Christine a la chance d’avoir gagné le dossard 77 lors du challenge éponyme en juillet de l’année dernière. Elle participera pour la première fois au MARATHON DES SABLES lors de la 36e édition. Entretien avec une néophyte qui a pourtant déjà un sacré background en course à pied !

Christine, qui es-tu dans la vie de tous les jours ?

Je suis une femme de 40 ans, maman de deux enfants, amoureuse d’un super chéri. Je travaille en 3x8 dans une entreprise à deux minutes de chez moi. Je suis du style très rigoureuse au boulot et attentionnée face à l’éducation de deux ados – bien trop au goût de mes enfants. Le sport me permet de lâcher la bride ! Je suis plutôt simple, un rien me rend heureuse, et la vie me prouve que je sais me relever et rebondir.

Ce sera ta première participation au MDS en mars prochain, peux-tu nous dire ce qui t’a conduite sur cette ligne de départ ?

Un rêve de débutante. Un rêve qui me semblait inaccessible il y a douze ans quand j’ai commencé la course à pied. En dehors des frontières françaises, je ne connaissais que l’Afrique Noire que j’ai toujours aimée. C’était tellement beau de m’imaginer courir dans ce désert infini. Cela me paraissait pourtant inatteignable tant par l’aptitude physique, l’organisation familiale, et le budget nécessaire. Douze ans plus tard, je cours des ultras, vis au sein d’un équilibre familial, et l’Association Fabrice m’a aidée à monter un dossier de sponsoring qui a porté ses fruits. Je suis donc en pleine forme pour profiter de cette course.

MDS Christine LEDUC

 As-tu toujours été sportive ? Quel parcours t’a amenée à courir des ultras ?

J’ai toujours aimé le sport, mais occasionnellement pour m’amuser. Au premier anniversaire de mon deuxième enfant, j’ai eu le déclic de me dépenser pour prendre soin de moi, de ma santé physique et mentale. J’ai chaussé une vieille paire de baskets et j’ai fait le tour du quartier – moins de 2 km, ça a commencé comme ça… Au fur à mesure j’ai allongé la distance. Très vite et naturellement, je suis arrivée à la distance marathon, en ayant cette sensation qu’il m’en restait sous le pied. Je me suis alors informée sur les distances supérieures au marathon et j’ai découvert le monde des longues distances, les 24 heures, le magazine Ultrafondus avec ses articles où je voyageais intérieurement. 

Est-ce que tu t’entraînes beaucoup ? Et de manière structurée ou plutôt au feeling ?

Je cours 4 à 5 fois par semaine, des sorties de 10 à 20 bornes. J’essaie d’ajouter une séance de natation et/ou de PPG par semaine. Je cours à l’envie, aux sensations, je m’impose juste une régularité dans la fréquence de mes sorties. Le sport est ma récré, ma façon de m’exprimer, de profiter de l’extérieur, de la nature, du temps…

 Comment concilies-tu vie de famille, professionnelle et sportive ?

Je suis famille, ça signifie qu’en plus des enfants et de mon chéri, j’ai besoin d’être auprès de mes parents, de mes frères. J’ai des sensations de manque sans eux ! Si je peux y rajouter ma famille élargie, mes amis, c’est le top !

Professionnellement, j’ai fait une reconversion il y deux ans et demi, depuis que je bosse en 3x8 à la porte de chez moi, je m’éclate à mon travail, et retrouve un équilibre à la maison ne ramenant aucun souci du boulot, et ne perdant pas de temps sur les trajets.

Sportivement, je m’organise grâce à ce travail pour courir sur les temps masqués pendant la semaine. Cela me permet de garder le samedi ou dimanche (voire même les deux jours) en off.

Le seul fil rouge pour que ce trio organisation familiale/vie pro/sport tienne est l’hygiène de vie. Je fais attention à mon sommeil et à ce que je donne à mon corps, tout le temps. Pas uniquement en prépa, tout le temps.

Participes-tu à beaucoup d’épreuves chaque année ?

Généralement je me fixe deux gros objectifs par an. Avec des courses locales parfois, inclues dans la prépa, ça me permet de voir les copains sportifs. Je perds l’habitude de faire trop de trajets pour un dossard si ce n’est pas l’objectif prévu. Même si je me prépare en restant dans mon coin et sur mes parcours répétitifs, ça ne me gêne pas. Je ne me lasse pas, d’où mon plaisir pour les courses horaires.

Cette année 2022, j’ai le MDS et en octobre, je participerai à l’Infinity Trail de l’île d’Aix. 

Je cours pour l’Association Fabrice, cela me booste également, de courir pour la recherche médicale auprès des maladies subites du sportif.

 Quels ont été tes moments les plus difficiles en course jusqu’à présent ?

Mes deux abandons, l’un pendant ma séparation avec le père de mes enfants, sur le Trail de Mauves en Vert (52 km). L’autre quand ma maman était gravement malade à ma première participation à l’Ultra Marin (177 km). Quand le mental n’est pas là, rentre chez toi. La course est secondaire, parfois notre mental nous rappelle à l’ordre pour nous permettre de se réajuster.

MDS Christine LEDUC

 Et celui qui te reste en mémoire comme le plus beau ?

L’arrivée de l’Ultra Marin en juin dernier. Cette course de 177 km qui se terminait sur le port de Vannes, où la vie reprenait après les périodes confinement, couvre-feu. C’était beau ces sourires, ces applaudissements, ces familles. C’était également une revanche sur moi-même, sur la maladie de ma maman, sur mon deuil périnatal. Je me libérais de toute cette période sombre.

Et le deuxième (en 2015) c’est un swim-run, le Troll-Enez (42 km de course et 8 km en eau libre), avec mon homme, nous nagions entre les îles du Golfe du Morbihan, et courions sur les îles. Nous avions adoré cette discipline, ce format, ce cadre idyllique. Cette force d’être ensemble.

Que redoutes-tu sur le MDS, les aspects qui vont être les plus difficiles à gérer pour toi ?

La bouffe.

À la maison, ça vit en cuisine ! Au MDS, les plats lyophilisés me donnent déjà des hauts le cœur, j’ai peur… Alors, je m’entraîne aussi à cette alimentation particulière. J’ai même fait une semaine sans fruits frais pour voir si j’étais capable !

En général, sur les temps de course, je m’alimente peu, tenant sur mes réserves. Sauf que sur un format de plusieurs jours, j’ai bien conscience qu’il me faut me préparer autrement.

Je crains également les deux premiers jours d’adaptation suite à la différence de température. Je vais démarrer tout doux.

Et le côté camping, vie roots, autosuffisance, porter tout le nécessaire pour une semaine dans son dos, quel regard portes-tu dessus ?

L’idée de rester crado ne me gêne pas du tout… désolée ! Je vis cette semaine comme une retraite, une introspection. Une occasion de me recentrer. J’aime bien cette idée de gérer sa semaine, son matos. En général j’aime les ultras en autosuffisance, pour moi ça fait partie du sport, de sa prépa. C’est une gestion globale de connaissance de soi que j’aime mettre en pratique.

Connais-tu déjà des participants ? As-tu déjà prévu tes compagnons de tente ?

Je ne connais personne, et je me fiche de qui partagera ma tente. Je suis solitaire, un peu ours, adaptable, mais pas au point de jouer à la belote tous les soirs !

 Y a-t-il un ou une sportive qui t’inspire particulièrement ? Et un livre ou un film qui fait un peu office de mantra ?

J’aime les forces de caractère que l’on a pu voir chez Yohan DINIZ ou chez Kévin MAYER. Mais plus j’avance, plus mes inspirations viennent des handisports, par leur parcours de vie, ou des personnes comme vous et moi, avec famille, boulot, dodo, et pas de staff autour à nous bichonner.

Côté lecture, Théodore MONOD est de loin le meilleur préparateur mental pour ce MDS ! Et peut-être même pour la vie en général…

MDS Christine LEDUC

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